Au jardin communautaire L’Arrosoir au Neudorf, ça pousse, ça pousse…

Le jardin L’Arrosoir, dans le quartier du Neudorf, fête cet été ses premiers mois d’existence. Inauguré le 22 avril à l’occasion des 48 heures de l’agriculture urbaine, le jardin communautaire compte aujourd’hui près d’une centaine d’adhérents et poursuit ses projets d’aménagement : si la terrasse et la serre sont terminées, L’Arrosoir voudrait encore aménager la partie avant du jardin et planter du houblon. Visite du jardin, entre les pommes de terre, les courges et les tomates. 

Il est 18 heures pétantes, un jeudi soir : Laurène et Fanny, deux habituées du jardin communautaire L’Arrosoir, en plein cœur du quartier du Neudorf à Strasbourg, viennent ouvrir le jardin pour les permanences qui ont lieu chaque semaine. Personne n’est encore là : elles commencent par faire un tour du potager, à l’arrière du jardin, regardent ce qui a poussé, ce qu’il y a à faire.

Laurène et Fanny sont plus que de simples adhérentes au projet : elles font partie du groupe des « arroseurs », c’est-à-dire le noyau dur du jardin, ceux qui sont présents depuis la naissance de L’Arrosoir et qui s’impliquent de façon très régulière.

L'Arrosoir compte aujourd'hui près d'une centaine d'adhérents, dont une petite vingtaine d' "arroseurs", ceux qui sont les plus investis dans le projet et présents dès le début. (Photo EB - Les Défricheurs)
L’Arrosoir compte aujourd’hui près d’une centaine d’adhérents, dont une petite vingtaine d’ « arroseurs », ceux qui sont les plus investis dans le projet et présents dès le début. (Photo EB – Les Défricheurs)

L’Arrosoir, explique Martin Guillaumé, l’un des porteurs du projet, est né en quelques semaines à peine, au début de l’année 2018. Alors habitant du quartier, Martin passe régulièrement devant la parcelle, restée vide (ou plutôt envahie par les ronces) pendant plus de vingt ans. Le terrain appartient à la Ville de Strasbourg, qui n’a alors aucun projet particulier à cet endroit.

« Passionné de paysage et de potagers », Martin Guillaumé se dit qu’il y a quelque chose à faire : il contacte la Ville, qui lui donne le feu vert rapidement et épaule matériellement le projet, en construisant une clôture extérieure, en aménageant un puits sur la parcelle et en prêtant trois bacs à compost.

Une petite fiche, éditée par la Ville de Strasbourg, rappelle aux adhérents de L'Arrosoir les éléments essentiels à tout bon compost. (Photo EB - Les Défricheurs)
Une petite fiche, éditée par la Ville de Strasbourg, rappelle aux adhérents de L’Arrosoir les éléments essentiels à tout bon compost. (Photo EB – Les Défricheurs)

Le projet est lancé ; mais « L’Arrosoir ne sera pas un simple jardin partagé, où ce sont souvent les seules personnes qui ont la main verte qui s’impliquent », souligne Martin Guillaumé. À l’avant du terrain, côté rue Saint-Erhard, sera installé un « espace de rencontre », où seront organisés des mini-concerts, des projections de film, des animations et des ateliers, afin d’attirer au-delà des adhérents au jardin. Un espace de rencontre et de convivialité pour les habitants du quartier, en somme.

Les semis utilisés pour les plantations ont la plupart du temps été donnés par des adhérents à L'Arrosoir, ou par des voisins. (Photo EB - Les Défricheurs)
Les semis utilisés pour les plantations ont la plupart du temps été donnés par des adhérents à L’Arrosoir, ou par des voisins. (Photo EB – Les Défricheurs)

Entre cette partie et le potager, à l’arrière, le long de la rue de Soultzmatt, une terrasse est construite en avril par l’association Akpé, partie prenante du projet. Seule contrainte : que tout puisse être déconstruit très rapidement, dans le cas où la Ville voudrait utiliser le terrain à d’autres fins.

La solution est toute trouvée : des pneus remplis de terre sont utilisés pour les fondations de la terrasse et de la petite serre attenante, utilisée à la fois en tant que pépinière et débarras pour les outils de jardinage.

Des tomates, des courges, des pommes de terre…

Dans la partie potager, presque tout l’espace disponible est désormais planté : des courges, des pommes de terre, des tomates, mais aussi des fraises, du topinambour, du basilic… De la paille est disposée au pied des plants, « pour garder l’humidité et faire en sorte qu’on ait moins besoin d’arroser », explique Laurène.

La jeune femme, qui habite à quelques rues de là, explique s’être impliquée dans le jardin pour « retrouver une activité à l’extérieur », même si, elle le reconnaît, elle n’avait pas vraiment la main verte en arrivant :

Nous sommes une grosse majorité de novices du jardinage, alors on n’ose pas trop prendre les décisions sans la présence de Martin. C’est lui le « jardinier en chef », qui sait quoi planter à quel endroit et à quel moment. Mais on se forme tout doucement ! Le but c’est aussi que les savoirs se diffusent progressivement, et que l’on partage nos connaissances avec les nouveaux venus.

Un peu plus loin, Fanny, occupée à entretenir les plants de courge, est rejointe par Marie, une autre adhérente du projet. Elles se tiennent à l’endroit où sera planté du houblon, « soit à l’automne soit au printemps 2019 ». Marie, qui travaille elle-même dans une brasserie à Mundolsheim, explique que cette houblonnière servira autant aux micro-brasseries du coin que comme outil pédagogique :

Le but ne sera pas de commercialiser de la bière, mais d’en fabriquer quelques litres pour les adhérents à L’Arrosoir et les habitants du coin, avec l’aide d’une brasserie locale. Et puis ce sera l’occasion d’animer des ateliers pédagogiques, pour montrer que l’on peut faire bien plus que de la bière avec des plants de houblon !

 

La serre, construite à côté de la terrasse, sert à la fois de pépinière, d'abri de jardin pour ranger les outils, et de bar lors des soirées organisées à L'Arrosoir. (Photo EB - Les Défricheurs)
La serre, construite à côté de la terrasse, sert à la fois de pépinière, d’abri de jardin pour ranger les outils, et de bar lors des soirées organisées à L’Arrosoir. (Photo EB – Les Défricheurs)

L’arrosage des légumes terminé, Laurène fait l’inventaire de ce qui a poussé depuis la dernière fois qu’elle est venue au jardin : les tomates sont encore vertes, les courges commencent à grossir, les fraisiers poussent doucement, mais sûrement. Au moment de la récolte, les « arroseurs » du jardin ont prévu d’organiser une petite soirée entre adhérents, où tous se partageront les fruits de leur labeur. Et Martin Guillaumé explique vouloir organiser, notamment pour les enfants, des ateliers de transformation, par exemple de framboises en confiture. Mais il faudra s’armer de patience : les framboisiers ne sont pas encore plantés…

 

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