Un premier festival de la décroissance à Montréal

Le premier festival de la décroissance aura lieu le 6 octobre au Campus MIL de l’Université de Montréal. Un événement pour réfléchir et se préparer à vivre dans des sociétés avec moins de ressources.

Cette première édition, organisée par le Collectif Décroissance Conviviale de Montréal, proposera une dizaine de conférences portant sur des sujets variés, tels que les changements climatiques, le style de vie low-tech, les solutions zéro déchet, la conservation des aliments par la lactofermentation, etc.

L’objectif est de célébrer l’idée de la décroissance, mais également de la faire connaître aux participants et leur proposer de nombreux moyens pour réduire leur empreinte écologique.

Le collectif Décroissance Conviviale, né à la suite du Forum Social Mondial de 2016, vise à promouvoir les idées, les valeurs et les principes du mouvement de la décroissance à travers diverses activités telles que des réunions, des conférences, des colloques et maintenant un festival.

Nous sommes un regroupement de citoyennes et de citoyens assez hétéroclites, mais toutes et tous partagent le constat de l’urgence de changer de système économique et toutes et tous dénoncent l’utopie d’une croissance exponentielle sur une planète aux ressources limitées » précisera Jérémy Bouchez, communicateur scientifique et membre du collectif.

Changer d’économie pour préserver l’écologie

Le mouvement de la décroissance prône de préserver l’environnement en diminuant la taille de l’économie de marché.

Pour eux, il n’y a pas de doute la dégradation de l’environnement est liée à la croissance économique.

La décroissance, a le mérite de susciter le débat puisqu’elle met à mal une croyance ou un dogme, qui consiste à penser qu’une croissance exponentielle est non seulement une nécessité pour les sociétés humaines, mais est aussi possible sur une planète aux ressources limitées, explique Jeremy Bouchez.

Face aux ravages environnementaux, les acteurs de la décroissance affirment qu’il n’est pas possible de dissocier la croissance de la destruction des écosystèmes, contrairement à ce qu’affirme la doctrine du développement durable. Une idéologie qui, selon M. Bouchez, ne ne remet pas en question le système économique actuel. Il rappelle que même les technologies vertes (éoliennes, panneaux solaires, voitures électriques) ont des effets environnementaux.

Le mouvement de la décroissance ne rejette pas ces solutions, mais il avance qu’elles ne seront efficaces qu’à la condition de réduire beaucoup et rapidement la production de bien et de services.

 

Une décroissance volontaire et conviviale

Pour sauver la planète et assurer un futur acceptable, la « décroissance » propose de « faire un pas de côté » pour sortir de cette dynamique de la croissance à tout prix, dictée par le modèle économique dominant, le capitalisme. La décroissance se veut au contraire une révision consciente et maîtrisée des besoins, une simplicité volontaire, une sobriété choisie. C’est pourquoi les « objec­teurs de croissance » préfèrent qualifier leur idéal de « décroissance conviviale » donc non subie par l’effondrement des écosystèmes conséquence des activités humaines.

En décroissance, un autre modèle est proposé avec moins de biens, plus de liens. C’est aussi l’idée de ralentir, de repenser la place du travail, de reprendre son temps pour échanger avec les gens, avec la nature.

Pour Jeremy Bouchez « il s’agit d’une option indispensable pour minimiser les impacts des graves bouleversements que nous avons enclenchés ».

Au Canada le Mouvement Québécois pour une Décroissance Conviviale (MQDC) gagne de plus en plus de force, selon le co-organisateur, J. Bouchez.

On peut dire que le Québec est désormais à la pointe du mouvement de la décroissance au Canada, même s’il existe encore un énorme potentiel pour la promotion des valeurs et des principes dans la belle province et au Canada en général, je suis donc très optimiste sur le futur du mouvement ici.

Déjà dans les années 80, le médecin et écrivain  Serge Mongeau dénonçait dans son livre « La simplicité volontaire »  les travers de la société d’abondance et de la surconsommation.

D’après Jérémy Bouchez comme pour le MQDV,  il n’y a pas de temps à perdre « la survie de la majorité des espèces de cette planète, dont l’humaine est en jeu ».

Pour commencer à se familiariser avec la décroissance et repenser l’avenir, le festival rassemblera une vingtaine de spécialistes sur la question.

 

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