Sauver la planète grâce à votre épargne : la banque éthique et citoyenne

Selon deux rapports, l’un d’Oxfam, l’autre, des Amis de la Terre, publiés samedi 24 novembre, les six principales banques françaises investissent massivement dans les énergies fossiles.

D’après le rapport d’Oxfam France intitulé « Banques françaises : les fossiles raflent la mise », deux ans après l’accord de Paris en décembre 2015, les banques BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, Banques Populaires Caisse d’épargne, le Crédit-Mutuel CIC et la Banque Postale ont financé en priorité les énergies qui produisent le plus de CO2.

Concrètement, sur 10 euros, 7 vont dans les énergies fossiles (gaz, pétrole, gaz de schiste et charbon) et 2 dans les énergies renouvelables, l’euro restant va au nucléaire et à l’hydraulique.

Entre 2016 et 2017, les banques ont réduit leurs financements à destination des énergies renouvelables, qui accusent un recul de 1,85 milliard d’euros en 2017 par rapport à 2016… alors que les financements vers les énergies fossiles augmentent dans le même temps d’un montant quasiment équivalent (+ 1,8 milliard d’euros).

Un soutien qui peut se manifester par un financement direct ou via le financement d’entreprises actives dans le secteur de l’énergie, en France et à l’international.

© OXFAM 2018

BNP Paribas,  » La banque d’un monde qui change », à la tête du classement, a financé les énergies fossiles à hauteur de 12,8 Md€, contre 3,3 Md€ aux énergies renouvelables.

Elle est suivie du Crédit Agricole avec 12,6 Md€ contre 2,7 Md€ et en troisième place se trouve la Société Générale avec 11,5 Md€ contre 3,3 Md€.

Au total, les 6 banques ont accordé 42,9 Md€ aux énergies fossiles contre 11,8 Md€ pour les renouvelables. Une tendance qui va à l’encontre de la transition énergétique.

Considérant que les énergies fossiles sont responsables de 80 % des émissions mondiales de dioxyde de carbone, première cause du changement climatique, le choix d’investir dans ces énergies par les banques, qui sont à l’origine de la crise économique de 2008, ne peut qu’aggraver la crise écologique.

Concilier épargne, éthique et climat

La Nef, acteur de la finance éthique et solidaire en France, a lancé pendant deux mois une campagne de mobilisation intitulée “Alors c’est quand la banque éthique ?“, qui durera jusqu’au 15 décembre.

Depuis sa création en 1988, la Nef offre des solutions d’épargne et de crédit orientées vers des projets ayant une utilité sociale, écologique et/ou culturelle.

Face aux enjeux de la crise écologique : réchauffement climatique, catastrophes, disparition de la biodiversité… nombreux sont ceux qui font aujourd’hui évoluer leurs modes de vie, afin de soutenir un modèle de société plus durable, mais pour La Nef, cela passe aussi par le choix de son épargne.

Mais si l’argent qu’ils confient à leur banque contribue à causer des dommages écologiques et sociaux irrémédiables, ces engagements quotidiens perdent de leur sens.

© La Nef

Pour pouvoir répondre au souhait des particuliers qui cherchent à ce que leur argent serve une économie durable, la Nef lance une grande campagne de mobilisation citoyenne pour la construction d’une banque éthique.

L’objectif : 10 000 nouveaux épargnants solidaires, ce qui permettrait à la Nef, en levant des freins structurels, de faire grandir la coopérative et de proposer au grand public un compte courant. Cela viendrait compléter ses produits d’épargne, ainsi que le livret d’épargne solidaire, accessible à partir de 10€, que la Nef propose depuis 3 ans.

 

Il n’y a pas de place en France pour des petites banques, nous avions deux choix : soit nous résigner et rester à un projet confidentiel de gestionnaire d’épargne solidaire, soit relever  le défi et devenir plus grand. Et c’est notre choix, car nous savons que des milliers de citoyens attendent une banque éthique pouvant offrir tous les services du quotidien. Léo Miranda, Directeur de l’innovation à la Nef (communiqué de presse, novembre 2018).

Pour cette coopérative de la finance, l’argent des épargnants est un levier de la transition écologique et sociale. La Nef, avec 40 000 sociétaires, est le seul établissement financier français à publier chaque année la liste complète des projets financés : https://www.lanef.com/la-nef/projets-finances/

Les français ont 5000 milliards d’euros sur leurs comptes épargne, c’est 9 fois plus que sur leurs comptes courants.

Avec le lancement de la plateforme PourLaBanqueEthique.com, la Nef se donne deux mois du 23 novembre au 15 décembre pour faire bouger les lignes avec un grand mouvement citoyen pour la construction d’une banque qui « garantit une finance au service de la planète et des citoyens ». Une banque, où les sociétaires ont un droit de vote en Assemblée Générale et décident où vont leurs économies.

A ce jour 10 % de son objectif a été atteint en 3 jours. Des ONG’s et des acteurs de la Transition ont déjà répondu à l’appel, parmi les premiers signataires : Biocoop, Emmaüs, Enercoop, Energie Partagée, France Nature Environnement, Finansol, Les Amis de la Terre, le Mouvement des Entrepreneurs Sociaux, Mobicoop, Nature&Progrès, Terre de Liens, Zero Waste France.

Le groupe local de la Nef à Strasbourg, organise ce jeudi 29 novembre une soirée-découverte de la « banque du climat » 100% transparente, à la Bäckerstub (2 place Clément, Strasbourg) de 19h30 à 21h30.

Au programme :
– Cash Investigation : passez vos économies au crible… de l’éthique et du climat.
– Fair(e) finance : donnez un visage à votre épargne… avec le livret Nef.
– Speed-dating : rencontrez les acteurs de la finance solidaire.

Pour en savoir plus :
lanef.com
http://pourlabanqueethique.com/

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