Une épicerie où les clients sont aussi gérants

Inauguré il y a quelques semaines dans le quartier de la Gare, le local de Coopalim Strasbourg revendique une autre façon de consommer, équitable et indépendante.

Ce jour d’inauguration, les curieux et les gens du quartier étaient accueillis chaleureusement par l’équipe de Coopalim avec une boisson chaude et une part de gâteau. Un monsieur qui commençait à remplir son panier voit venir à lui une coopératrice de Coopalim lui expliquant simplement que seuls les membres peuvent acheter. Un autre trouve que certains produits sont « un peu chers ». Un troisième trouve le projet très « intéressant » et pose des questions sur le fonctionnement. Françoise Pélerin, déléguée générale de Coopalim, donne les grandes lignes : « L’adhésion annuelle est de 10 euros. Les coopérateurs, par équipe de trois personnes, donnent trois heures par mois de leur temps pour ouvrir le magasin et vendre les produits. Au moins une  personne est formée à la gestion de la caisse. Les commandes de produits frais sont effectuées deux fois par mois. »

Une douzaine de producteurs et deux grossistes

L’association Coopalim travaille avec une douzaine de producteurs locaux en mode bios ou raisonnés. L’essentiel des produits transformés provient de deux grossistes, la Scop La Cigogne à Weyersheim et Rinklin, une entreprise basée à côté de Fribourg en Allemagne.

« Nous menons plusieurs objectifs, précise Françoise Pélerin : avoir la possibilité de choisir ce que nous voulons consommer, négocier les prix avec les producteurs et les grossistes, soutenir la paysannerie grâce à des prix justes et faire de Coopalim un lieu de ressources pour éduquer à la saisonnalité des produits, la nutrition et la lutte contre le suremballage, grâce à des partenariats avec d’autres associations. »

Une initiative venue d’Outre-Atlantique

Le concept est arrivé des États-Unis et s’est notamment fait connaître grâce au documentaire Food Coop de l’américain Tom Boothe en 2016 qui montre une coopérative alimentaire, pionnière du genre, fondée à Brooklyn, au cœur de New York, en 1973. Le réalisateur a exporté le modèle en France avec l’ouverture du supermarché La Louve à Paris.

À Strasbourg, le concept n’en est qu’aux balbutiements : plus de 260 personnes ont adhéré quand il en faudrait 1000 pour assurer l’ouverture journalière du magasin. Les adhérents expérimentent aussi, depuis la fondation de l’association il y a plus d’un an, la démocratie participative au sein d’ateliers : des groupes sont chargés de la gouvernance, du financement, de l’approvisionnement, de la communication, de l’événementiel, de l’accueil des nouveaux adhérents, de l’informatique et du local. Ce dernier groupe travaille à trouver un point de vente car l’espace loué rue Kageneck va probablement devenir rapidement trop exigü.

Fabienne Delaunoy

Horaires d’ouverture

  • les lundis de 17h30 à 20h
  • les mercredis de 10h30 à 13h et de 17h30 à 20h
  • les samedis de 9h à 13h

 

 

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