Qui est Anne Soupa, première femme à se porter candidate à la fonction d’archevêque en France ?

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« Ma candidature devrait libérer les femmes pour qu’elles osent dire : Pourquoi pas moi ? ». C’est ce qu’explique Anne Soupa après avoir soumis sa candidature au titre d’archevêque de Lyon, le lundi 25 mai dernier.

Elle n’est ni prêtresse, ni religieuse et n’exerce pas de responsabilité liturgique. Pourtant, cette théologienne de 73 ans est candidate pour occuper le siège d’archevêque de Lyon, laissé vacant par la démission du cardinal Barbarin en mars dernier, suite à des scandales de pédophilie. Une démarche par laquelle elle dénonce la place des femmes dans l’Église catholique.

Un acte avant tout féministe

La candidature d’Anne Soupa est inédite dans l’histoire de l’Église catholique. Lors d’une interview à Franceinfo, elle avoue s’être interrogée sur « la légitimité de sa candidature à ce poste ». Mais sa détermination à « briser le plafond de verre », qui restreint les femmes dans l’Église , l’a convaincue.

Engagée spirituellement depuis 35 ans à travers ses fonctions d’enseignement et d’animation de groupe. Elle est aussi investie dans la lutte pour l’égalité hommes-femmes au sein de l’institution. C’est en 2008 que son activisme féministe s’est réellement concrétisé, avec la création du Comité de la jupe, une association qui milite pour une juste reconnaissance des femmes au sein de l’Église. « Nous ne pouvons plus accepter le strapontin. Les droits des femmes ne se discutent pas, c’est imprescriptible. Toutes les responsabilités devraient être accessibles aux femmes », défendait-elle sur Radio Notre-Dame.

Malgré la création de l’association, depuis douze ans déjà, Anne Soupa ne voit pas d’évolution : « Dans certains diocèses, les petites filles n’ont pas accès au service de l’autel alors que théologiquement, rien ne fonde cette discrimination », affirme-t-elle.

Les trois points forts de sa démarche

D’après Anne Soupa, sa candidature aura trois conséquences positives.

Tout d’abord, cela accroîtrait les responsabilités des femmes dans l’institution. Ensuite, cela permettrait une meilleure représentation des opinions et des mentalités à travers le recrutement des prêtres. Enfin, cela réduirait l’entre-soi afin de lutter contre les abus, explique-t-elle.

Quand il y a des gens différents, le regard n’est pas le même. Donc, je pense que c’est très important qu’il y ait des femmes responsables dans l’Église pour lutter contre les abus.

Un comité de soutien déjà en place

Laïque et mariée, il semblerait que la candidature d’Anne Soupa ne soit pas restée dans l’ombre. Une campagne de soutien a déjà recueilli plus de 1.500 signatures en ligne.

Je pense qu’imaginer un autre visage pour un évêque, c’est très très libérateur. C’est un souffle de nouveauté, c’est important.

Cependant, le nombre d’adhésions ou de signatures que pourra rassembler le comité de soutien renforcera la crédibilité de sa candidature.


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